En Allemagne, on ne dispose pas d’une « Académie allemande ». Mais il existe tout de même des institutions s’occupant de la situation de la langue allemande, de sa codification ainsi que de son évolution dans un monde de plus en plus globalisé :
Ces institutions font des recherches, publient des dictionnaires et d’autres œuvres de codification, s’engagent pour l’apprentissage de l’allemand à l’étranger, et analysent les évolutions de la langue tout en essayant de garder un point de vue objectif.
Il existe par ailleurs des associations représentant des opinions conservatrices, luttant contre l’emprunt de mots anglais dans la langue allemande : par exemple, la “Verein Deutsche Sprache“. Leurs membres, tout comme 65% des Allemands aux dires d’un sondage actuel, craignent ce qu’on appelle le « Sprachverfall » pour leur langue maternelle.
Mais il y a aussi des actions au travers desquelles on veut montrer que l’emprunt des mots étrangers enrichit la langue allemande. Le Goethe-Institut a, par exemple, organisé un concours du «meilleur mot immigré», « Das beste eingewanderte Wort », dont vous pouvez consulter les résultats à l’adresse suivante : http://www.goethe.de/lhr/prj/mig/deindex.htm.
Il faut d’autre part souligner le fait que des mots allemands sont entrés dans l’usage d’autres langues. Si vous voulez connaître du vocabulaire allemand entré dans la langue française ou dans d’autres langues, vous pouvez lire et/ou écouter le reportage Sprachbar : Ausgewanderte Wörter sur le site de la radio “Deutsche Welle” : Version texte – Version audio
Dans le domaine de la « Sprachkritik », on connaît plusieurs branches, par exemple :
- la « Feministische Sprachkritik », critiquant l’utilisation générale des formes masculines ne donnant aucune place aux femmes au niveau de la langue.
- la critique des « euphémismes » rendant positives des expressions qui ont, en fait, un contenu tout à fait négatif. Exemple d’expression : «Umstrukturierung», souvent utilisée dans le monde économique pour parler des «Entlassungen». Pour souligner la problématique de l’usage de tels mots à connotation négative, un jury de linguistes et d’écrivains allemands choisit chaque année depuis 1991 le « Unwort des Jahres » (le pire mot de l’année). Tout le monde peut proposer des « Unwörter » par mail. Voici les «Unwörter» de 1991 à 2008 : http://www.unwortdesjahres.org/unwoerter.htm.
Pour conclure ce petit dossier sur le thème de la « Sprachkritik », voici un lien vers un site Internet, celui du journaliste Bastian Sick : http://www.bastiansick.sslh.net.
Basitan Sick écrit pour l’hebdomadaire allemand “Spiegel” : il est l’auteur de notes amusantes sur des fautes de grammaire et d’usage (Zwiebelfisch-Kolumnen, rubrique Culture du “Spiegel Online”). Bastian Sick a par ailleurs publié plusieurs livres critiques sur la langue allemande, dont le plus connu est “Der Dativ ist dem Genitiv sein Tod“, en français “Le datif est la mort du génitif“. Son succès est tel qu’il a créé un spectacle à partir de ses textes ! Vous trouverez sur son site des extraits vidéo de son show, ainsi que des extraits audio.

Dossier écrit par Sandra Reitbrecht